Appeler un chat, un chat

Deux affirmations ont été faites cette semaine qui m’ont interrogé.
Première affirmation: «Nous n’accepterons rien d’autre que le mariage».
Deuxième affirmation:«Nous sommes devant deux réalités identiques».

Il est difficile d’entreprendre une discussion quand on affirme n’accepter rien d’autre que ce qu’on désire. L’union entre un homme et une femme et l’union entre deux hommes ou deux femmes sont à mon point de vue deux réalités distinctes. Si on veut donner le nom de mariage à la réalité de ces dernières unions, il faudra trouver un autre nom pour la réalité qu’on a toujours appelé mariage depuis des siècles.

Il faudra que le gouvernement ajuste ses formulaires à l’occasion de ces unions particulières. Lorsqu’à la fin d’un mariage je fais signer les registres et les formulaires du gouvernement, je me trouve devant une formule qui dit: signature de l’épouse et à côté, signature de l’époux. On peut imaginer le petit sourire du responsable d’un mariage qui s’interroge; qui est l’épouse et qui est l’époux?

Avant de passer un projet de loi qui change une réalité plus que millénaire, le gouvernement devrait être sérieux et vérifier jusque dans ces détails ces situations. Vous me direz ce sont des détails, mais je vous dirai que ce sont les détails qui font la différence. Être différent n’est pas un défaut, au contraire, c’est une qualité car si tout le monde était pareil quel ennui nous aurions dans cette société virtuelle.

Si vous accordez le nom de mariage à ces unions vieilles comme le monde mais qu’on a jamais vraiment baptisées d’un nom propre, sinon celui d’union homosexuelle, il faudra d’un autre côté donner un autre nom à l’institution traditionnelle qu’on a toujours appelée «mariage». D’accord, je vous cède le nom de mariage. Nous allons utiliser le nom d’épousailles pour l’union d’un homme et d’une femme. Parce qu’il faut bien appeler de noms différents des réalités différentes.

Ce serait bien nous aurions alors les fiançailles qui signifie le désir d’un jeune couple (un homme et une femme) de s’engager dans une union future plus stable, nous aurions ensuite les épousailles le jour où ils s’engagent d’une façon plus définitive devant Dieu et devant les hommes et finalement nous aurions des funérailles qui mettraient fin à ces engagements pour toute la vie.

Malheureusement, on ne pourra pas changer toutes ces inscriptions officielles dans nos livres et dans ceux du directeur de l’état civil qui rendaient publiques ces alliances qui jusqu’à ce jour portaient le nom de mariage et qui voulaient dire au monde qu’un homme et une femme s’aimaient et voulaient fonder un foyer pour garantir les générations futures.

Jean Jacques Mireault prêtre


(à propos du mariage entre conjoints du même sexe, lors du projet de loi du gouvernement fédéral en juin 2004)





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